Définition
action de décorer, d’embellir à l’aiguille, au crochet, sur tambour ou sur métier, une étoffe tissé servant de support.
Il existe différents types de broderie, notamment la broderie de Lunéville (sujet que j’ai abordé ici). Vous pouvez avoir un petit éventail dans mon article sur l’histoire de la broderie.
La broderie d’or désigne toutes les broderies réalisées avec du métal. Ce métal peut être en or, en argent, cuivre,aluminium, ou bien une imitation de métal. Cela peut prendre la forme de fil, de cordon, de galon ou de tresse.
La broderie d’or est principalement réalisée sur une matière d’œuvre fortement tendue sur un métier à broder.


Panorama de la broderie d’Or
En Europe
Les civilisations antiques connaissaient déjà la broderie d’or, que l’on mentionne par exemple dans l’Ancien Testament.

the Victoria and Albert Museum
En Europe, cette technique atteignit son apogée au Moyen Age et à la Renaissance. Durant la période romane et gothique, les matériaux précieux rehaussaient principalement les textiles liturgiques. Le travail était le plus souvent réalisé dans des ateliers monastiques et conventionnels.
Pendant tout le XIIIé siècle, l’Angleterre se fit une spécialité de ces broderies connues sous le nom d’opus anglicanum. Celles-ci approvisionnait le Vatican et le reste de l’Europe.
Dans le faste de la Renaissance, les aristocrates européens raffolèrent des costumes en velours. Ils étaient richement ornés de broderies d’or en reliefs sur fond de corde. Ces costumes étaient également rehaussés de cannetille, de paillettes, de soie et de perles. Ce luxe marqua tout particulièrement le costume masculin des XVIIé et XVIIIé siècles.
Dès lors, uniformes, bannières et insignes de régiments furent ornés de ces divers fils métalliques.. Il en fut de même pour les chabraques, les caparaçons, les insignes de corporations et les blasons.


Entre occident et orient
Les relations entre l’Europe et l’Orient se sont intensifiées aux XVIIé et XVIIIé siècles. À cette époque, l’Inde et la Chine ont inspiré sans cesse les brodeurs occidentaux. Les manteaux au dragon de l’Empereur de Chine s’ornaient de broderies d’or. Les uniformes des mandarins et divers textiles de cérémonies en Corée et au Japon étaient également décorés de broderies d’or. On a conservé en Inde, où l’or symbolisait le soleil, de somptueux costumes du sultanat de Delhi, au XIIé siècle. Parmi ces ouvrages, on distingue notamment les zardozi1 et la technique de kamdaru2.
1 Les lourdes étoffes entièrement rebrodées sont utilisées comme décoration. Elles sont appliquées dans un large éventail d’applications. Cela inclut les vêtements, les textiles ménagers et le piégeage des animaux.
2 broderie légère mise en œuvre sur les costumes.
D’autre part, un art inspiré par la religion s’est développé dans l’ensemble des régions d’influence islamique. Cette influence s’est étendue de l’Espagne de l’ouest à l’Inde de l’est. Cet art est dominé par la calligraphie. Malheureusement, une grande partie du patrimoine mondiale de la broderie d’or a été détruite. Les fils précieux ont été récupérés au fil du temps. Pendant les périodes de pénurie qui sévirent au XIXé siècle, les femmes de la noblesse anglaise retiraient souvent les fils d’or des uniformes. Elles envoyaient ensuite ces fils à la fonte.
Les fils
Aperçu
Les fils métalliques ont varié suivant l’époque, le pays et sa capacité d’approvisionnement en métaux précieux. Mais également selon la fortune des clients et les traditions des brodeurs.
Les principaux matériaux utilisés sont l’or, l’argent, et les matériaux dorés. Le cuivre est également utilisé. Plus récemment, les fils métallisés composés d’une lame d’aluminium recouverte de polyester ou d’une cellulose chimiquement transformée sont devenus communs.

Fabrication des fils
Une première technique ancestrale de fabrication consiste à marteler finement une plaque de métal pour en faire un ruban. Ensuite, il est découpé en galons étroits, ou lames. Le galon peut être utilisé directement ou bien enroulé sur un fil.
Une alternative remonte à l’époque Vikings. On fait passer de minces rubans métalliques à travers les trous progressifs d’une plaque de métal.
Une troisième technique ancienne consiste à enrouler de minces bandes de cuir ou de membrane intestinale dorées. En Chine, on utilise de papier de riz doré. Ces matières sont enroulées autour d’une âme de chanvre ou de lin.
Technique de broderie
On distingue les fils métalliques selon qu’on les tire à travers le support ou qu’on les couche dessus. Autrefois, les premiers étaient en or. De nos jours, on utilise le plus souvent leLurex: un fil métallisé que l’on se procure un peu partout. Les autres, fixés à petits points étaient souvent raides et fragiles à travailler.
La cannetille est un fil de métal que l’on enroule en fine spirale. En dépit de sa forme de ressort, il ne reprend pas son aspect original après traction. Par conséquent, on doit le broder avec une grande délicatesse. On le coupe en petits morceaux pour le broder sur l’étoffe, comme des perles. L’important est de le couper exactement à la même dimension pour qu’il conserve la tension voulu sur le support. La cannetille peut être brillante, mate ou frisée.
Pour coucher les fils métalliques, on utilise un fil de coton ou de soie. Le fil est choisi de la même couleur que le métal. Dans le passé, les brodeurs facilitaient des fils métalliques avec des fils de soie multicolores. Ils utilisaient également des perles, des pierres précieuses et des paillettes.
J’espère que ce petit article vous aura fait découvrir la broderie d’or et un peu de son histoire. La broderie d’or et ses techniques sont quelque chose que j’apprécie utiliser dans mes projets. Cette broderie demande régularité, temps et minutie. Ce qui rend les créations bien plus couteuses et luxueuse.
N’hésitez pas à me faire part de vos envies en commentaires et à me contacter pour tout vos projets personnalisés. 😀
Sources: Autour du Fil, l’encyclopédie des Arts Textiles, vol.14 (1990)


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