La Broderie au crochet
Introduction
La broderie au crochet s’effectue sur tambour à base de points ronds proche du point de chaînette. On l’exécute en lignes continues à l’aide d’un crochet.
En France, elle se nomme « point de Beauvais ». Lorsqu’elle fait intervenir perles, tubes et paillettes, on la nomme « broderie de Lunéville ».
Techniquement, les points s’apparente à des mailles en l’air faites au crochet, transposées sur fond d’étoffe.
Le travail s’effectue avec un crochet très fin. Mieux encore, un crochet à tambour est utilisé. C’est une sorte de courte aiguille à crocheter vissée sur un manche. La longueur de cet instrument est réglable et les aiguilles interchangeables.
Le métier, consiste en un cadre ou un tambour sur lequel on tend le tissu. Il se fixe ou se pose sur une table ou un pied, et permet de libérer les deux mains. La première tient l’aiguille et la seconde contrôle le fil placé sous l’ouvrage. Les Orientaux, quant à eux, bloquaient entre leurs genoux une sorte de tambourin.
D’origine orientale, et peut-être chinoise, la broderie au crochet provient de l’Orient. Elle est adoptée en Europe au cours du XVIIIé siècle. Cette adoption se fait certainement en suivant la route de la soie. Elle représente l’une des occupations favorites des dames de l’aristocratie.
Depuis 1975 environ, un regain d’intérêt se manifeste pour le crochet sur métier. La Chine et l’Inde produisent encore aujourd’hui, des robes et étoffes d’ameublements brodées avec cette technique.
Point de Beauvais
Point de broderie réalisé avec un crochet sur métier.
À l’origine, ce point s’exécute avec un cordonnet de soie polychrome très retordu. Il est utilisé pour des ouvrages de petits formats. Il est aussi utilisé quelques fois pour des pièces prestigieuses en ameublement.
Actuellement, on emploie surtout le point de Beauvais pour le linge de table.
On peut le réaliser avec un crochet classique très fin et du fil pour dentelle.
Madame de Pompadour elle-même fut séduite par cette technique et s’y adonna avec application. Précision, soin, dextérité, patience, sont les maîtres-mots du Point de Beauvais.

La broderie au crochet de Lunéville
Technique au crochet sur métier consistant à fixer des perles et paillettes sur une étoffe.
C’est en 1867 qu’un brodeur de Lunéville, en Lorraine, met au point ce procédé. Il s’est rapidement répandu entre 1910 et 1925.
Il fallait à un artisan habile dix heures pour orner un sac. Il fallait cent heures pour un bustier. Et il fallait jusqu’à mille heures pour une robe. La Haute-Couture reste l’un des derniers débouchés de la broderie de Lunéville.
On enfile les fournitures (perles et paillettes) à l’avance. On travaille ensuite à partir de l’envers du tissu (soierie, velours, mousseline, …). Le crochet traverse l’étoffe, fixe la pièce sur l’endroit et ressort sur l’envers, en formant une boucle.

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Sources: Autour du Fil, l’encyclopédie des Arts Textiles, vol.3 (1986), Autour du Fil, l’encyclopédie des Arts Textiles, vol.7 (1989), Autour du Fil, l’encyclopédie des Arts Textiles, vol.13 (1990)


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